« La carte et le territoire » – Michel Houellebecq (Flammarion)

La carte et le territoire est le quatrième livre que je lis écrit par l’auteur français « le plus connu à l’étranger » (parait-il) . Il me laisse encore perplexe sur l’engouement dont il bénéficie.

Ce livre se lit vite, le style est simple, souvent plat, parfois inspiré. Ce style sans surprise ne déconcerte pas grand monde, ni les lecteurs de Proust, ni ceux de Marc Lévy. Les 420 pages s’avalent sans problème, ni ennui.
Le propos ? Comme toujours, un regard désabusé sur nos sociétés, ironique et sans pitié. La petite musique de Houellebecq est maintenant bien connue. Ici, elle reste la même, la provocation en moins. On a dit qu’il avait écrit ce livre pour, enfin, avoir le Goncourt. Donc il a limé ses petites quenottes… Et il a reçu le Goncourt, après avoir eu la plupart des critiques à ses pieds.

Je ne peux pas dire que j’ai été déçu, ni enthousiasmé. Mais j’ai la curieuse impression que l’auteur a imaginé son histoire pour deux raisons : d’abord se mettre en scène lui-même, y compris assassiné (métaphore des premières critiques assassines le concernant ?), procédé qui renouvelle le genre de l’auto-fiction en beaucoup plus drôle ; ensuite, parsemer son intrigue, qui se déroule assez paresseusement, de remarques, avis, commentaires et sentences qui sont censées en faire un grand penseur. Ainsi, sur le couple, la vieillesse, la mort, les crises économiques, les animaux domestiques, l’art et son marché, les forces et faiblesses de la police, l’amour aussi, mais, cette fois-ci, très peu le sexe. Le meilleur est peut-être dans la description des différents milieux traversés par le principal héros, celui du marché de l’art, de la communication d’entreprise, de la télévision, de la ruralité profonde, de la police.

Après avoir tenté d’imaginer comment pourrait évoluer l’espèce humaine dans La possibilité d’une île« , tentative, à mon avis ratée d’être visionnaire à cause d’un procédé narratif assez lourdingue, Houellebecq redevient l’observateur du monde d’aujourd’hui. Même quand il situe l’action du roman en 2070, cela reste le même monde. Quoi de nouveau ? Pas grand chose.
Ah si ! Un Prix Goncourt !

Pour ma part, je continuerai à ne pas me précipiter pour lire des prochains « Houellebecq » dès leur sortie dans les librairies.

3 commentaires sur “« La carte et le territoire » – Michel Houellebecq (Flammarion)

  1. Si vite et assez agréable à lire, sitôt oublié, c’est le cas de bien des livres à succès actuellement. Heureusement qu’il nous reste beaucoup de « classiques » à visiter ou re-visiter avec délectation.

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  2. Au risque de vous paraitre impertinente … pourquoi avoir acheté celui-ci ?… Si, parce que c’est justement un Prix Goncourt … Pour ma part, je n’ai jamais réussi à terminer « les particules élémentaires »

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    1. @ kougibo : le problème, c’est que Houellebecq n’est pas seulement considéré comme un « auteur à succès », mais aussi comme un des plus grands écrivains français actuels, dépeignant sans complaisance notre société post-moderne, opinion que je ne partage pas.
      @ Armelle : il n’y a pas d’impertinence. Houellebecq a écrit « La carte et le territoire » POUR avoir le Goncourt. Il a gommé la plupart des provocations de ces livres précédents, Reste un livre lisible mais oubliable, sauf pour le compte en banque de l’auteur et de son éditeur.

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