Histoire du pied et autres fantaisies – J. M. G. Le Clézio (Gallimard)

Le-Clezio-Histoire-du-piedLe Clézio fantaisiste ? Du moins, avec Histoire du pied et autres fantaisies, peut-on vérifier qu’il aime emmener ses lecteurs sur des chemins inconnus, servi par une imagination intarissable portée par son écriture éblouissante comme la lumière qui jaillit, parfois sombre, de tous ses écrits.

Dans ce recueil de neuf nouvelles et un essai final, Le Clézio parcourt le monde, de Paris à l’Afrique, de l’Ecosse à l’Ile Maurice, du pays des araignées à des villes incertaines… Quelques morceaux de vie et de mort incarnés par des femmes victimes et combattantes ou des enfants courageux et prophétiques, les hommes apparaissant le plus souvent comme brutaux et égoïstes, se cramponnant à leur pouvoir. Mais c’est bien plus compliqué, Le Clézio prenant garde de ne pas enfermer ses personnages dans des postures univoques.

Finalement, le seul point commun de ces écrits, c’est le culot : Le Clézio ose tout, explore tout, bouscule tout. Il est libre et écrit des fantaisies comme le souligne le titre du livre. Et parvient  à atteindre cet équilibre asymptotique entre l’aventure nimbée de poésie, l’extase sensuelle, la brutalité humaine, la fable fantastique, la nature lumineuse et sauvage. On le considère trop souvent comme un porte-parole des exploités, proches ou lointains. Cela pourrait être son écueil. On devine, bien sûr, son regard vif et exigeant sur notre civilisation ; il n’est pas plus tendre pour les époques passées.

Le Clézio ne se veut pas prophète mais écrivain. C’est ainsi que l’essai qui clôt ce recueil « A peu près apologue » commence par ces mots : « Ecrire, c’est comme le métro. Vous savez où vous allez, vous n’avez pas un choix infini de destinations, il y a des horaires à respecter, des zones obscures et, de plus, ça n’est pas toujours agréable. Mais il y a tout ce que vous ne pouvez pas prévoir, tout ce qui vous transporte (sans jouer sur les mots), vous expose, vous atteint momentanément ou durablement. Je veux parler des secousses, du rythme, des rencontres. » (page 333)

Cet écrivain de la lumière et de la sensualité a trouvé dans le métro une superbe allégorie de l’écriture. A lire et relire…

J. M. G. LE CLEZIO ( Photo MARC LE CHELARD / AFP)

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