Les mots de la guerre

Les images de la guerre envahissent les médias et nous remplissent d’effroi et d’impuissance. Ces jours-ci, ce sont les images de la Palestine et du Liban et, toujours, celles de l’Irak. Il y a bien d’autres guerres avec moins d’images, le Darfour, l’Afghanistan et celles qui sont oubliées, faute de journalistes ayant la possibilité d’en rendre compte.

Il y a aussi les mots de la guerre, ceux que nous entendons tous les jours, qui sortent de la bouche des hommes, car ce sont eux le plus souvent qui font la guerre.

Peu de mots de la guerre dans la bouche des femmes. Leïla Sebbar, romancière et nouvelliste algérienne de langue française, a voulu les dire dans les nouvelles publiées dans Le ravin de la femme sauvage. Neuf nouvelles, courtes, qui évoquent les mots des femmes, filles, mères, épouses, veuves face à la guerre, celles qui ont meurtries ou meurtrissent encore l’Algérie et la Palestine, et aussi le sud-est asiatique.

Ces mots sont différents de tous ceux que j’avais lus auparavant. Leïla Sebbar les offrent dans une langue sinueuse, qui peut échapper à l’attention du lecteur rapide, qui pénètre en douceur l’imaginaire du lecteur attentif. Ils viennent en contrepoint aux images et aux mots des hommes qui sont jetés à la figure. Ces mots m’ont plongé dans un douloureux enchantement.

Ils ne calment pas la douleur, bien au contraire ils ne donnent aucune justification à la guerre.

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