Surtensions – Olivier Norek – Editions Michel Lafon – 2016

Prix Le Point du Polar européen et Grand Prix des lectrices de ELLE

Dès les deux premières pages, un dialogue entre un psy et un homme qui avoue avoir tué deux personnes.  L’un des deux n’a pas été tué par lui, c’est un membre de son équipe dont il a été capitaine au SDPJ 93 (Section Départementale de la Police Judiciaire de la Seine-Saint-Denis). Pourquoi et comment en est-il arrivé là ? Le récit en cinq parties distinctes donnera quelques clés qui ouvriront les portes de ces combats dans lesquelles les membres du SDPJ 93 risquent leur vie en outrepassant parfois des limites à leurs risques et périls.

Ces cinq parties distinctes pour cinq enquêtes qui sont toutes liées les unes aux autres dans des entrelacs soigneusement embrouillés où rien n’indique à l’avance qui remporte la partie sanglante. Et qui est la gagnante, le gagnant ? Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de prison ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui se sont installés dans sa maison ?
Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire.
Pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?
Il y a le centre pénitentiaire de Marvel où « la seule mission du surveillant est de rentrer chez lui en un seul morceau. » Et un peu plus loin : « (…) il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. (…) les détenus sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs. (…) la prison est une école du crime. ». Il y a aussi de plus ou moins longs dialogues entre flics et malfrats, dialogues remplis de pièges, de menaces, de mépris, parfois un soupçon d’admiration. Et des larmes d’épuisement et des phrases inattendues : « Un braquage, c’est comme de la pub, tout se joue sur le marketing et l’image. » Et quelques mouvements d’amour et des moments de désir…

Ce livre, magnifiquement écrit, offre un regard précis et parfaitement documenté sur l’univers d’une prison, d’un palais de justice, d’un commissariat de police, y compris celui d’une piscine où un corps mort est découvert, et d’un ours en peluche dont l’œil droit cache un minuscule appareil photo numérique. Et une phrase implacable d’un chef, « Je n’aime pas les bons flics. J’aime les flics dévoués à leur hiérarchie. » 

La fin de Surtensions est terrible, où nul ne sait plus où est la culpabilité, l’innocence, la vengeance. Un bon flic peut-il (ou elle) être un ange déchu ? Les mots peuvent-ils avoir la force d’une mitraillette ?

Au fait, je ne suis pas sûr d’avoir vraiment compris ce livre étrange et envoûtant. Il vaut une deuxième lecture…

Surtensions – Olivier Norek  – Ed. Michel Lafon – 2016- Pocket – 474 pages – 7,95€

Olivier Norek (photo motenlignes.com)



Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s