Grande Dorsale – Nicolas Defoe – JC Lattès- octobre 2020

Un Parisien d’une quarantaine d’années, avocat, veut se faire tatouer le dos, idée soutenue par sa fille, Rose, et combattue par sa femme. Le tatouage réalisé le lendemain par un tatoueur professionnel, ne ressemble en rien au visage de sa fille, mais à une Cavalera ou La Santa Muerte. « La bouche, fermée, était striée dans le sens de la hauteur d’un fin barbelé noir et des commissures des lèvres partaient des lignes qui l’agrandissaient. » Le dessin restera sur sa peau !

Cette Santa Muerte est une « figure de culte d’un mouvement religieux mexicain ». Rose prend en photo le tatouage et la publie sur les réseaux sociaux. Par un mail, elle découvre une trace de la Cavalera à la Plata, en Argentine : il s’agit d’une étudiante, Judith Carriego, « disparue un an et demi auparavant. » Sa mère, Catherine, habite Paris. L’avocat la rencontre dans le Parc des Buttes-Chaumont, et lui découvre son dos tatoué. Catherine confirme qu’il s’agit bien de Judith. « Le tatouage avait inscrit entre eux, de façon instantanée, un contrat spécial qui ouvrait toutes les barrières. ».

Se développe alors une intrigue foisonnante avec Catherine et Alejo, son mari défunt proche de la dictature militaire de Videla et des escadrons de la mort ; leur fille Judith et leur fils Gustavo, Ezéquiel, le petit ami de Judith, Paul, l’avocat tatoué, Rose, sa fille, Olof, le tatoueur norvégien et quelques autres. Chaque chapitre donne la parole, réelle ou secrète aux protagonistes de cette histoire où se cognent vies familiales conflictuelles et histoire politique dramatique, celle de l’Argentine dans les années 80.  « La violence est en nous » répète Ezéquiel, dans la société et dans les familles. Un procès a lieu, réel ou rêvé. La Norvège, pays pacifique s’il en est, devient meurtrier par accident.

La fin du récit soigne-t-elle les cicatrices de cette période ? La guérison, après la violence plus ou moins ouatée de cette histoire, revêt les nombreux atours d’une figure d’un tatouage qui se défait. Grande Dorsale est un livre sophistiqué dont le sujet se déroule entre deux époques et davantage de lieux qui se répondent les uns aux autres. C’est très réussi.

© Grande Dorsale – Nicolas Defoe – JC Lattès – octobre 2020 – 216 pages – 19 €

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s