Fuki-no-tô – Aki Shimazaki – Leméac/Actes Sud (2018)

J’ai découvert Aki Shimazaki, auteure à succès d’origine japonaise, en empruntant un de ses livres à la médiathèque de Paimpol. Sa particularité est de vivre au Québec et d’écrire en Français. Mais elle fait partie profondément de la vaste et très ancienne littérature japonaise, dont la figure emblématique est actuellement l’éternel oublié du jury du prix Nobel de littérature, Haruki Murakami.

Atsuko vit à la campagne en exploitant une petite ferme biologique. Auparavant elle, son mari, Mitsuo, et leurs enfants vivaient dans une grande ville. Son mari entretenait une relation amoureuse avec une autre femme, très sensuelle. Quand Atsuko fait part de son désir de quitter la ville pour exploiter biologiquement un lopin de terre, il accepte de quitter sa maîtresse et son rythme de vie ultra-citadin. L’ensemble de la famille s’installe à la campagne. Les affaires de la petite ferme biologique spécialisée sur la culture de pousse de bambous vont bien. Une aide devient indispensable. Une jeune fille, Fukiko, se présente. Elles se sont croisées pendant leurs études dans le même collège pendant leur adolescence. Atsuko devine l’attirance amoureuse de Fukiko pour elle-même.

Le livre raconte l’éclosion de cette relation amoureuse au cours d’une virée sur une île où « le ciel bleu et la mer émeraude se rejoignent à l’horizon. » Et se développe en même temps que la culture de jeunes pousses de bambou.  C’est par une lettre que Atsuko dévoile à son mari son amour pour Fukiko. Point d’orage, là non plus. Quand il revient, Mitsuo s’inquiète du repas des enfants… La vie continue.

L’homosexualité n’est pas a priori encore bien acceptée par la société japonaise contemporaine. Dans ce contexte, ce livre pourrait être un livre de combat. Mais en refusant le conflit, c’est un livre de douceur comme le bruit du tissu d’un kimono qui tombe doucement sur un tatami. Les paroles elles-mêmes semblent être chuchotées, le jardin est un havre de paix. Le trouble de la situation ne réveille pas un orage, mais juste un souffle doux.

Aki Shimazaki
(photo La Presse)

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