L’élan – Philippe Lançon (Gallimard)

lelan-philippe-lanconEn fait, j’avais choisi ce livre dans ceux de la bibliothèque départementale pour deux raisons : parce qu’il était court (moins de 100 pages, je venais juste de finir les 630 pages du dernier Carrère) et parce qu’en quatrième de couverture, il était question de la Fantaisie de ut mineur K.475 de Mozart qui est un de mes morceaux de piano favoris…

De Mozart, il en est très peu question dans ce petit livre, sinon que From, le narrateur, est pianiste. Cela n’a pas grand-chose à voir avec le récit mais cela permet de faire de courtes digressions assez élégantes. Mais le sujet principal est son amour pour une certaine Lizbie, dont il a déjà été l’amant, quelques années auparavant. Il la rejoint quelque part dans le Lubéron : au moins, on sait qu’on reste entre « gens bien élevés » du Saint Germain-des-Près provençal. Et les quatre-vingt pages décrivent les aléas de ses sentiments, les tourments causés par ses souvenirs, mais il n’y a rien de tragique dans ce livre. Juste quelques jolies pensées sur l’amour qui ne dure pas toujours :
« Leurs corps devenaient d’interminables post-scriptum, trop long pour le texte initial. Comme tant d’autres mouvements, les rites sexuels avaient tout d’une parole manquée ou d’un geste de trop. » (page 14)
« Il sentit le mal qu’elle lui faisait par le bien qu’elle aurait pu lui faire, et il comprit que l’un et l’autre était à peu près sans limites. » (page 37)
«  Il aimait tant Lizbie qu’il en était arrivé à l’extinction progressive de tous les sens. » (page 62)
«  (…) elle faisait de chaque amant un roman, avec un début, un milieu et une fin, et le faisait sans renouveler son style, en l’approfondissant peut-être, avec simplement de petites variations grammaticales nées des obstacles du corps et du récit. » (page 69)
«  Ce qu’elle voulait, simplement, c’est qu’ils (ses amants) soient résistants pour les soumettre, soumis pour les dominer, présents pour exister, absents pour y penser. » (page 84).
Le livre se termine par une jolie pirouette. Et l’amour s’éteint…

Livre élégamment écrit, et donc agréable à lire…

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Philippe Lançon

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