La fête de l’insignifiance – Milan Kundera (Gallimard)

7770918944_la-fete-de-l-insignifiance-de-milan-kunderaMilan Kundera fait partie de la trinité de mes auteurs francophones favoris, avec, entre autres, La Valse aux adieux, L’ignorance, La Lenteur. C’est dire que je me suis jeté sans hésiter sur « La fête de l’insignifiance », son dernier opus qui vient d’être publié chez Gallimard.
Le titre du livre pouvait faire craindre un exercice de ressassement mélancolique des tics de notre société ultra-libérale dont les élites se dissolvent dans une insignifiance formatée pour les médias actuels. Une sorte de Finkielkraut, donc, ou de Régis Debray. Mais ce ne peut être le cas de Milan Kundera qui prend souvent soin de glisser le sérieux, voire le tragique de son propos sous une couverture de fantaisie ou de jeux de forme.

J’ai lu le livre une première fois, rapidement, car il est court et facile d’accès. De la fantaisie, oui. Quelques réflexions à contre-courant, bien sûr.  Des observations cocasses, certes. Des anecdotes savoureuses, aussi. Une semaine après l’avoir lu, je n’en avais plus aucun souvenir. Je l’ai donc relu. Tout me revenait. Avec les mêmes impressions. Brillantissime, ironique, parfois cruel.

Mais tout ça pour quoi ? Je ne le sais toujours pas. Je ne vais pas tomber dans la facilité de traiter ce livre d’insignifiant. Mais ces longs dialogues sur tout et rien m’ont lassé. Ce cercle qui ne dépasse guère le Quartier latin m’a semblé étouffant. Et je ne suis pas arrivé à retrouver les fulgurances de Kundera qui, d’une phrase, peut ouvrir des perspectives à n’en plus finir.

Ensuite, quand j’ai lu les critiques dans mes journaux et magazines favoris, toutes plus dithyrambiques les unes que les autres, je me suis trouvé très insignifiant… C’était ma fête !

2 commentaires sur “La fête de l’insignifiance – Milan Kundera (Gallimard)

  1. Ne pas trop se fier aux critiques établis, ceux du Monde, du Nouvel Obs, de télérama etc… Ils nous feraient volontiers prendre des vessies pour des lanternes, au nom du sacré-saint commerce. Combien de livres (je pense par exemple à un Angot de l’an dernier) ont été salués à leur sortie comme des chefs-d’oeuvres (voire chef d’oeuvre du siècle!) et dont il ne reste plus aucun souvenir une année plus tard… Tout cela pour faire engranger quelques sous aux éditeurs qui, souvent, ont misé gros en embauchant telle ou telle plume (de beaux contrats) et veulent à tout prix rentabiliser leur mise… Aucune envie de lire ce Kundera-là! (manifestement un livre de commande)

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    1. Oui, je me suis fait « avoir » par ces critiques et, aussi, mon admiration pour Kundera.
      En revanche, je viens de finir le dernier Le Clézio (« Tempête ») dont les médias n’ont quasiment pas parlé et qui m’a totalement enthousiasmé. J’en parlerai très prochainement.

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