Jerzy Lewczynski – photographe polonais à Guingamp

Hier soir, j’ai passé deux heures au [Studio] Gwin Zegal à Guingamp où se tient (jusqu’à demain 17 novembre) une exposition consacrée au doyen des photographes polonais, Jerzy Lewczynski, né en 1924 et toujours vivant.
En entrant, ce qui frappe, c’est la grande diversité de son travail, parfois tenant du photoreportage où l’on sent l’influence du néoréalisme du cinéma italien d’après-guerre, parfois cherchant du côté des Surréalistes en créant des associations d’images et de mots, parfois dépassant les codes habituels en interrogeant ce que l’homme laisse derrière lui – graffitis, inscriptions, enseignes – ou en utilisant des photos trouvées par hasard ou des photos de famille dont il fait des polyptyques. Il donne à montrer ce que l’œil a peine à voir. Ceci explique le nom donné à l’exposition « Dire ce que l’on ne peut voir, voir ce que l’on ne peut dire ».

Une vidéo d’une trentaine de minutes donne la parole à Jerzy Lewczynski où il explique son travail avec sagacité et humilité, rendant hommage à ses collègues photographes polonais qui l’ont accompagné et encouragé dans ces incessantes découvertes. Il relate aussi la traversée des différents contextes politiques, avec le réalisme socialiste, qui se délite au moment du bouillonnement culturel quand le dégel arrive à la fin des années 80.

Son univers est assez éloigné de celui des photographes français les plus connus, il est beaucoup plus radical, rejoignant Marcel Duchamp en affirmant que l’objet lui-même est un sujet. Cependant son approche n’est pas qu’une simple élucubration intellectuelle : il s’en dégage une émotion qui ne vient pas forcément d’un seul coup mais qui a fini par me submerger au fur et à mesure où je restais à regarder et re-regarder ses photos.

[L’association Gwin Zegal, consacrée à la photographie, confirme, s’il en était encore besoin, la richesse et la vitalité du tissu culturel de la région où j’habite en Bretagne. Il y a quelques années, j’avais pu voir une exposition  organisée par Gwin Zegal consacrée au grand photographe malien, Malick Sidibé, qui m’avait enthousiasmé.]

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