Il faut inscrire le lac Inle au Patrimoine mondial de l’humanité

Le lac Inle, au Myanmar (ex-Birmanie) est un des endroits les plus envoûtants que je connaisse. Situé au centre du pays, à près de 900 m d’altitude, il s’étend sur une vingtaine de kilomètres de long, entouré de montagnes dont les sommets approchent les 2000m. Le paysage y est somptueux.
Les « Inthas« , minorité ethnique spécifique à cette région, y ont développé un mode de vie mettant à profit les caractéristiques de ce lac de faible profondeur mais dont l’étiage peut varier de quatre mètres entre la saison sèche et la saison humide. Quand ils sont arrivés dans la région, ils y ont construit des cités lacustres avec des maisons construites sur pilotis, ils ont inventé des méthodes de pêche très particulières, ils ont installé des jardins flottants leur permettant de cultiver légumes en tout genre pendant tout l’année et développé des activités artisanales variées – forgerons, joailliers avec l’argenterie, tisserands avec la soie et la fleur de lotus. Cela leur a apporté une certaine prospérité relative.

 
Ce mode de vie très spécifique est actuellement en danger, son équilibre fragile étant rompu à cause du développement mal contrôlé de l’agriculture et du tourisme : la surface du lac lui-même ne cesse de diminuer, en passant de 69 km² en 1935 à environ 47 km² en 2000. C’est le résultat de la déforestation des collines environnantes déboisées pour le bois de chauffage et de l’utilisation d’engrais chimiques qui se déversent dans les eaux du lac et provoque l’augmentation de la vase et de nutriments. La vase comble le lac et les nutriments favorisent la croissance des plantes et des algues pouvant provoquer un phénomène d’eutrophisation entraînant à la longue la formation de marais. Les jardins flottants eux-mêmes diminuent la surface du lac, à mesure que leur support se transforme en sol.

La jacinthe d’eau, qui vient du Brésil et dont on voit les touffes humides s’étalant de plus en plus à la surface du lac, obstrue les canaux privant les plantes et les animaux de la lumière du soleil.

L’absence de réel assainissement dans les villages finit par dégrader le milieu naturel.Les moteurs diesel de mauvaise qualité et sans pot d’échappement qui se multiplient notamment à cause du tourisme, entraînent une dégradation de la qualité de l’eau et une pollution sonore mettant à mal la quiétude du lac.

Le régime actuel ne prend pas d’initiative décisive pour arrêter cette évolution préoccupante, se contentant de créer  un sanctuaire pour les oiseaux des milieux humides et mettre en place divers programmes et mesures qui, en théorie, encadrent l’expansion des jardins flottants. Il a déjà fort à faire avec les conséquences du cyclone Nargis, qui a fait plus de 130 000 victimes en 2008 dans le sud du pays.

Et si l’Unesco inscrivait le lac Inle dans la liste du Patrimoine mondial de l’humanité ? Aucun site birman n’en fait encore partie, signe de l’isolement du régime actuel, qui devait bientôt s’effacer quand on voit le sourire des Birmans quand on leur parle de Aung San Suu Kyi

 

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