Fin de saison sous l’ombre de Carla

logo France InterChaque fin de mois de juin a quelque chose de mélancolique. Etant un fidèle auditeur de Radio France, surtout France Inter, les équipes, les journalistes, les animateurs qui m’ont accompagné pendant toute l’année du matin au soir souhaitent de bonnes vacances. La plupart donnent rendez-vous pour la rentrée, parfois en précisant le jour exact, certains autres évoquent leur départ pour une station concurrente, d’autres enfin ne disent rien laissant planer le doute sur le maintien de leur présence sur les ondes. Cela devient un signe d’adieu.

Il y a deux ans, à la suite de l’éviction de Frédéric Bonnot, j’avais crains une « reprise en main » de France Inter, qui affichait déjà une belle indépendance à l’égard du pouvoir. Il n’en a rien été. Et notamment le 7-10 du matin a acquis une flamboyante notoriété sous la houlette de Nicolas Demorand.
Depuis septembre 2008, cette tranche horaire est parvenue à se hisser encore plus haut à mon goût, avec l’arrivée, de Dominique Seux pour l’édito éco, de Thomas Legrand pour l’édito politique et de Frédéric PommierFrédéric Pommier pour la revue de presse. Ce dernier, notamment, m’enchante presque toujours avec son air léger, presque anecdotique de brosser le paysage de la presse du jour pour toujours faire ressortir un aspect important et/ou troublant de l’actualité du jour : un regard perçant derrière un sourire en coin. Son talent de l’accroche et de la chute devient avec lui du grand art !

PhIlippe ValPremier acte de tout nouveau directeur de France Inter, le célèbrissime Philippe Val : ce ne sera plus Frédéric Pommier qui fera la revue de presse. Raison invoquée : un problème dans la hiérachisation de l’information ! Diable : sur quels critères Val va t-il juger, surveiller  et sanctionner la hiérarchisation de l’information dans tous les journaux, flashs et autres éditos de la station ? Frédéric Pommier (avec lien sur son blog)Ou bien est-ce un réglement de compte, comme le soulignent les syndicats, parce que Pommier citerait davantage Siné Hebdo que Charlie Hebdo ? Ou bien encore le début de la normalisation de la trop impertinente radio de service public ?

En lisant l’article de Raphaëlle Bacquet consacré au nouveau directeur de France Inter, Fini de rire, on apprend avec intérêt que ce n’est pas Jean-Luc Hees, le tout nouveau président de Radio France choisi par Sarkozy qui a fait venir Philippe Val à France Inter, mais le contraire. Après que les deux compères, Hees et Val, se soient entendus pour faire équipe ensemble, Philippe Val, ami de Carla Bruni depuis 2005 quand elle partageait la vie du philosophe Raphaël Enthoven, a laché le nom de Hees à l’Elysée. Quelques semaines après, le tour était joué et l’affaire conclue.

Deux leçons à tirer de cette histoire :
–  la première, pas vraiment nouvelle : le caractère dangereux de la réforme de la nomination des présidents de l’audiovisuel public qui donne au Président de la république, une totale liberté pour nommer qui bon lui semble, puisque les autres étapes ne sont maintenant que des formalités. Ce qui permet de mettre au pas l’audiovisuel public quand il reste encore critique par rapport au pouvoir en place ! On s’y attendait mais pas si vite.

Nicolas et Carla Sarkozy à la plage : photo extraite du blog le journal inutileDeuxième leçon : la fonction politique de Carla Bruni. Je crois que c’est Thomas Legrand qui la qualifiait, il y a quelques semaines, de « plus belle prise de Sarkozy dans le vivier de la gauche » (je cite de mémoire) en épousant l’une de ses égéries. Certains ont même ajouté que Carla poussait Nicolas vers la gauche. Que nenni ! Carla a surtout ouvert à Nicolas son carnet d’adresse d’intellectuels germanopratins plus ou moins de gauche,  mais surtout très médiatiques. Ce qui va faciliter grandement la normalisation du monde médiatique au profit de l’Elysée. Et faire reculer encore un peu davantage la démocratie !

Est-ce l’ombre de Carla qui s’étend maintenant sur cette fin de saison médiatique pour entamer une nouvelle saison toute offerte au soleil de Nicolas ?

Un commentaire sur “Fin de saison sous l’ombre de Carla

  1. et Frédéric Mitterrand ajoute sans doute à cette récupération d’intellectuels germanopratins, quelle femme cette Carla… une geisha qui a réussi en quelque sorte…

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