Seul le regard compte …

Le très beau film d’Olivier Assayas, L’heure d’été, donne de nombreuses pistes de réflexions et de méditations sur le deuil, le souvenir, la mémoire, la transmission…

Photo du film l'Heure d'été (crédit photo MK2 diffusion)Un des aspects qui m’a le plus touché est l’importance des objets et du symbole qu’ils peuvent représenter. Le scénario met l’accent sur la maison familiale et ce qu’elle contient, notamment des oeuvres d’art plus ou moins estimables. La présence de ces oeuvres d’art pourrait rendre ce scénario artificiel. Elle permet au contraire de développer les nombreuses façons de regarder un objet. Ce bureau Majorelle recouvert de paperasses et devenu une pièce de musée remarquablement mise en valeur, semble « en captivité » pour reprendre l’expression de Frédéric, le fils aîné, superbement joué par Charles Berling (l’ensemble de la distribution est éblouissante). Ce vase que personne ne trouve beau dans la famille, est une pièce de collection rare et c’est Eloïse humble gouvernante de la maison qui le prend, après s’être fait priée par Frédéric.

Photo du film l'Heure d'été  (crédit photo MK2 diffusion)Bien sûr, au début du film, le regard posé sur la maison est très consensuel, maison de retrouvailles familiales, maison de vacances pour les enfants et petits enfants, maison dont on dirait facilement qu’elle a une âme, maison de la mère qui y entretient une légende familiale…
A sa mort, les regards sur cette maison divergent. Elle est mise en vente, presque tout est dispersé à part quelques objets « sentimentaux ». Avant la signature de la vente, alors qu’elle est déjà vide, les petits enfants y font une « teuf » d’enfer : cette maison ne semble ne plus être qu’un décor confortable et parfait pour y faire un maximum de bruit.
Mais tout a coup, le regard de l’adolescente sur la maison se trouble…

Aucun objet, même artistique, aucune maison, même familiale, n’a d’âme…
Seul le regard compte…
regard

2 commentaires sur “Seul le regard compte …

  1. « …..
    Le foyer, la lueur étroite de la lampe ;
    La rêverie avec le doigt contre la tempe
    Et les yeux se perdant parmi les yeux aimés ;
    L’heure du thé fumant et des livres fermés ;
    La douceur de sentir la fin de soirée …. »
    Verlaine (La bonne Chanson)

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  2. beau billet… maintenant que j’ai vu le film!
    que j’ai revu Edith Scob… quand j’étais gamin elle jouait
    dans des séries télévisées, j’étais amoureux d’elle…
    (une autre aussi que j’aimais, à la même époque, c’était Emmanuelle
    Riva… qu’est-elle devenue?)

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