Retour en Algérie

Je n’étais pas retourné en Algérie depuis mars dernier. Je passe le cap de la nouvelle année dans le Sahara, à Adrar, à quelques 1600 kilomètres au sud d’Alger.

Rien que le voyage m’a permis de retrouver ce que j’aime et ce que je n’aime pas en Algérie.
Au départ, c’est Air France qui a été à l’origine de mes problèmes car je n’ai pas retrouvé ma valise à mon arrivée à Alger. Je suis tout de suite allé faire une déposition au bureau des litiges bagage. Le service bagages d’Air France étant malgré tout très performant, j’ai rapidement su que ma valise était restée en souffrance à Roissy et qu’elle allait arriver par le vol suivant prévu à 18h30.
Le problème était que j’avais une correspondance pour Adrar par Air Algérie avec un vol prévu à 19h30. Le délai me paraissait bien court pour récupérer la valise, me rendre à l’aérogare des vols intérieurs situés à 5 minutes de l’aérogare international flambant neuf, me faire enregistrer et embarquer avant la fermeture des portes de l’avion… si celui-ci était à l’heure.

On me conseille de me faire enregister comme passager en indiquant que j’apporterai ma valise au dernier moment. Ce que je fais. Il faut savoir que, pour pénétrer dans chaque aérogare, avant même toute autre formalité, on doit déposer tout sur le tapis où les objets sont scannés et on passe sous le portique détecteur après quoi on est palpé du haut en bas. Tout ceci part d’un bon principe mais provoque facilement 10 à 15 minutes d’attente chaque fois que l’on veut rentrer dans chaque aérogare. Au demeurant, la personne qui regarde l’écran de contrôle est souvent vissée à son téléphone portable et la fouille au corps est parfois symbolique. Au total, je suis entré 7 fois dans l’un ou l’autre des deux terminaux, donc 7 attentes…

Au comptoir d’Air Algérie, on me dit qu’il était possible de l’avion soit en retard, ce que j’espérais vivement, afin d’avoir le temps de récupérer puis de faire enregistrer ma valise. Au comptoir d’Air France, on me dit que le service bagage peut s’occuper de ce transfert de valise. Je cherche donc à rentrer sous douane pour m’en assurer. Mais on me dit qu’il faut un laissez-passez. Où donc ? J’interroge un membre du personnel de l’aéroport. Il me dit que ce laissez-passez n’est plus obligatoire. Il est immédiatement contredit par un de ces collègues. Le bureau des laissez-passez est situé près d’une agence bancaire à l’extérieur des deux terminaux. Je le trouve enfin et j’obtiens rapidement le précieux sésame. Je passe de nouveau sous douane sans trop de difficultés. Au bureau des litiges bagage, on me dit qu’effectivement, ils peuvent assurer le transfert de ma valise, mais seulement dans l’avion suivant pour Adrar (programmé mardi soir…, on est samedi). Si je veux l’avoir ce soir, je dois m’en occuper moi même.

Il ne me reste plus qu’à attendre en espérant qu’Air France soit à l’heure (ce qui est fréquent entre Paris et Alger) et qu’Air Algérie soit en retard : un regard sur les panneaux des départs et des arrivées me confirme la réputation de la compagnie algérienne d’être quasiment TOUJOURS en retard. Le vol d’AIr France arrive même avec 5 minutes d’avance et ma valise est la première sur le tapis. Je cours jusqu’au terminal de vols intérieurs (pas d’attente pour y pénétrer, il est déjà presque 19 heures) et j’enregistre ma valise sans encombre. Fin de la première partie qui s’est plutôt bien déroulée, malgré les tracasseries de formalités, mais toujours avec le sourire et la gentillesse des Algériens, teintées d’une certaine nonchalance dans une ambiance copieusement anarchique.

Au passage, deux personnes très cordiales me proposent de m’aider mais c’est en fait pour changer de l’argent au noir…

Rassuré, je me retrouve dans la salle d’attente des vols intérieurs, bondée, car quatre vols sont en partance, donc quatre vols en retard. Celui d’Adrar, prévu initialement à 19h30, a été retardé à 20h30. A 21h, une annonce enjoint les passagers de se rendre à la porte 6 pour « embarquement immédiat ». La file se forme. Un car est dehors dans la nuit, sous la pluie battante. Trente minutes sans que rien ne se passe. Le car repart. La file se disloque. Vers 22h15, le car réapparait ainsi que du personnel de l’aérogare. On monte enfin dans le car. Un jeune couple algérien me confirme que tous les vols d’Air Algérie sont en retard et que c’est « de pire en pire ». « Honte à nous » ajoute la jeune femme, souriante et résignée. Une groupe de touristes européens (de quel pays?) monte dans le car en dernier, visiblement en catastrophe. Vérification des bagages en bas de l’avion (toujours sous une pluie battante), fouille corporelle et des bagages à main, purement symbolique. Enfin dans le Boeing 737… d’une compagnie turque avec un équipage ne parlant ni français, ni arabe, sauf un steward qui fait les annonces habituelles. Air Algérie présente ses « plus vives excuses » pour ce retard « du à une arrivée tardive de l’appareil »…
Le décollage a lieu vers 23h30 et l’arrivée à Adrar à 1h10… Mon arrivée était prévue à 21h20.

J’ai mis plus de temps pour faire Paris-Adrar (distant de 4000 kms) que Paris-Hongkong, ligne que j’ai beaucoup fréquentée au début des années 2000.

Ce matin, en marchant dans Adrar sous un vent frisquet, j’ai retrouvé les rues défoncées habituelles, la qualité déplorable des constructions NEUVES, et toujours, le sourire des Algériens…

2 commentaires sur “Retour en Algérie

  1. bonjour
    j ai bien aimé ton texte , eh ben je suis a montreal et adrar me manque bcp , je reve d adrar et de m assoir a terre manger ce plat de couscous avec des gens simple et modestes avec un sourire eclatant , je m ennuis a montreal et je prefere de faire le trajet alger adrar par piste que de faire montreal alberta.
    mes siners saluation

    J'aime

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